L'incertitude chez les Républicains
Un article de Jonathan Martin pour Politico qui démontre combien les primaires républicaines ne sont pas encore tout-à-fait terminées et comment elles devraient rester amèrement dans l’ambiance des élections présidentielles. Les Républicains ont du pain sur la planche, beaucoup trop pour certains, autant immédiatement miser sur Obama.
Romney and Gingrich Set the GOP on a Path Toward Self-Destruction
Newt redescend dans les sondages, pendant que Santorum remonte, et Romney, comme toujours, reste sur la mince ligne entre la victoire et la défaite. Depuis le début de la course, seuls Romney et Paul sont restés plus ou moins constants dans les intentions de vote. Romney bien haut, Paul bien bas. Mais n’ayant pas la possibilité, même une fois rendu à la primaire de Floride, d’avoir une idée claire quant au meneur, cela oblige les candidats à persévérer. Or, tout a été dit. Tout ce qui devait servir à la vente de soi a été fourni (sauf les projets de Newt pour la lune), contredit, puis réaffirmé. Il ne semble maintenant que leur rester des attaques sanglantes qui, ultimement ne pourront que déterrer de vieux monstres de chacun des candidats restants, offrant du même coup, gratuitement, des armes pour les démocrates. L’investiture républicaine devrait se terminer bientôt afin qu’un seul candidat puisse centraliser les forces républicaines et réussir à tenir debout devant une organisation déjà concentrée sur son chef depuis quatre ans.
La réponse des créateurs de South Park à la question : Qu’est-ce qu’un mormon (ou encore, c’est qui Mitt Romney) ?
Pourquoi Newt Gingrich, pas Mitt Romney et surtout pas Santorum.
L’une des multiples analyses de ce matin au sujet de la forte victoire de Newt Gingrich en Caroline du Sud, celle de Michael Tomasky, résume bien les composantes importantes de la course à l’investitures républicaines. D’une part, faire tomber Obama (quelqu’un aurait même dit de le pendre), d’autre part, attaquer l’autre pensée dominante qui s’oppose à celle qui défini le Tea Party.
Tomasky résume ainsi son analyse :
Gingrich’s win spread across many categories. He won conservatives. He won independents. He won late deciders. He won voters who live on $30,000, and he won people living on $200,000. He won men—and, contrary to some expectations, he evidently won women, by 6 percent. He rolled, every way you want to count it.
How and why? Simply, the debates. Even more simply, the two Moments in the debates: the smackdown of Juan Williams, and the smackdown of John King for starting the second debate by asking about his ex-wife’s allegations. There is no question that Gingrich rode those two moments to victory.
In other words: He won by hatin’ on the black guy and the liberal media. He hated on them expertly. He fired synapses in conservatives’ brains that they barely knew were there. You knew, anyone knew, watching those two moments, that they were absolutely pivotal. Tout l’article.
Pour ma part, une large partie des sondages posaient la question importante de l’opposition à Obama. Tous présentaient Romney en tant que candidat idéal pour gagner contre le démocrate, même durant les moments où Gingrich le dépassait dans les intérêts de vote à l’investiture. Il lui fallait donc faire la preuve à l’électorat qu’il faisait bel et bien le poids, et même qu’il serait le meilleur candidat pour déloger l’actuel président des États-Unis. Ça été le cas durant le dernier débat avant le vote d’hier. Autrement dit, c’était la dernière carte sur laquelle il n’avait pas encore “bien” jouée, ce qui le permettait d’être haut dans les sondage, mais pas indélogeable. Là, face à un Romney, considéré modéré, qui s’embourbe dans sa richesse et son impossibilité de comprendre ce que pourrait être la vie avec 30 000 $ par année, donc, trop distant de son électorat; face à un Santorum qui est le conservateur type, celui qui colle le plus avec les idées du Tea Party, et donc représente une certaine radicalité, mais qui risque de ne pas être capable d’aller chercher des vites chez les indécis; et face à Paul qui se fout un peu de ce qu’il faut dire, puisqu’il ne fait que suivre les mêmes idées avec lesquelles il avait débuté cette course (ce qui est une bonne qualité); Gingrich a pu endosser l’image du “pas trop radical”, mais “pas trop modéré”, et du “quand même ouvert”, pouvant ainsi ramasser l’électorat républicaine de pleines mains. Ceci pourrait bel et bien être vérifiable en Floride dans les jours qui suivent. Je ne serais pas surpris de voir disparaître Santorum de la course.
Six in 10 Voters Would Be OK With Obama-Romney Matchup
Une question qui reste et qui empêche de faire une analyse claire de l’investiture républicaine, est celle qui cherche à savoir quel candidat pourrait battre Barack Obama en novembre. Puisque le discours de Glenn Beck, Fox News, du Tea Party et des candidats à l’investiture se divise bel et bien en deux composantes associables, mais quand même distinctes : 1. (ré)amener des idées conservatrices 2. battre Obama. Et dans le cas où un candidat pourrait bien plaire au premier point, pour plusieurs, s’il ne peut combler le deuxième, il ne vaut pas un vote. Et donc, malgré la victoire de Santorum en Iowa, malgré la baisse de popularité de Romney et la monté de Gingrich, s’il est plus important pour l’électorat de contrer les actions d’Obama que de se trouver un chef, ce qui est fort probable, Mitt pourrait rester dans la course et gagner l’investiture.
Les données :
Even in the midst of a volatile race for the GOP nomination, the significant majority of Republicans would be satisfied with an Obama-Romney choice in the general election, and would end up voting for Romney if these two were the nominees. It is likely that more Republicans would do so if Romney is the GOP nominee and after the current intraparty battles come to an end.
There still appears to be room for a third-party candidate, given that 15% of voters say they would vote for someone other than Romney or Obama, and another 7% say they would not vote at all if that were the choice presented to voters. Additionally, less than half of independents say they would be satisfied if the race is Obama versus Romney. Still, about 6 in 10 independents say they would — in some instances, apparently begrudgingly — vote for one of these two candidates if they are on the ballot.

L’image de la réussite états-unienne: pas du tout le «hard worker» qui gravit les échelons un à un, mais plutôt celui qui a tout et qui veut tout. C’est le gars qui a lancé un pari de 10 000$ en plein débat contre Rick Perry, le gars qui souligne que les 374 000 $ qu’il a reçu pour l’ensemble de ses conférences de 2011, ce n’est “pas beaucoup”, le gars qui semble refuser de façons boiteuses de divulguer sa feuille d’impôt, mais qui finit par laisser savoir que ce ne serait qu’environ 15% de ses larges revenus. Bref, il représente le “rêve américain”, mais pas celui d’aujourd’hui, plutôt celui de l’ère Dallas : Des riches avec des problèmes de riches, mais aucune idée de la façon dont les autres moins fortunés vivent leur quotidien. Il est un “Terminal Preppy”.
I go to college
That makes me so cool
I live in a dorm
And show off by the pool
I join the right clubs
Just to build an impression
I block out thinking
It won’t get me ahead
My ambition in life
Is to look good on paper
All I want is a slot
In some big corporation (…)
Win! Win!
I always play to win
Wanna fit in like a cog
In the faceless machine (…)
I want a wife with tits
Who just smiles all the time
In my centerfold world
Filled with Springsteen and wine
Some day I’ll have power
Some day I’ll have boats
A tract in some suburb
With Thanksgivings to host
- Dead Kennedys (1982, Plastic Surgery Disasters)


