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VENTE DE GARAGE

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Entre deux chaises.

Être entre deux chaises, ça ne fait pas avancer grand chose.  Or c’est exactement là ma triste position.  Je porte mon carré rouge parce que je n’ai pas eu un accès facile à l’Université, et donc, je me positionne vivement contre tout ce qui limitait, limite et limitera l’accès à un savoir plus large.  Mais, en même temps, je sais que s’il n’y avait pas eu des très politiques gels des frais de scolarités, il n’y aurait probablement pas eu de problème à toute nouvelle augmentation de ces frais.

Par contre ce dont je parle n’est pas au sujet de ma position face à l’augmentation, C’est plutôt au sujet de ma place dans l’un des gangs qui finissent par se définirent et s’opposer de plus en plus.  En fait, j’ai été trop simpliste.  Le système d’oppositions des groupes n’en est pas un qui s’installe sur une simple ligne comme je l’ai fait, mais plutôt un système bidimensionnel, comprenant donc une gradation verticale et une horizontale.  Il y a d’abord le premier eux/nous, utile et inutile, peut-être même dangereux.  C’est celui qui est vulgairement utilisé par les imbéciles radios poubelles (je me suis tanné de me gêner), incapables de faire une analyse en profondeur, ne cherchant qu’une qualité stigmatisante pour salir l’entièreté de ceux à qui elles appliquent cette qualité.  Ce sont les étudiants.  Pas «ceux qui étudient», mais plutôt «ceux qui ne travaillent pas».  Ce sont donc deux choses équivoques, mais pas d’une équivocité normale, mais d’une équivocité forcée.  Logiquement, si étudiant ne travail pas parce qu’il étudie.  Le «non-travail» est un effet de la cause «étudier».  Les poubelles et leurs plus simplistes auditeurs manquent alors de rigueurs.  Mais le problème n’est pas là.  Le problème réside dans l’encapsulation des disparités.  J’en parlerai plus loin.

L’autre problème de ce nous/eux, est l’inversion des rôles, le Nous étudiants et le Eux «reste de la population».  Ici, cependant, c’est plutôt bien géré.  On a pas compris ce Eux comme un problème, mais comme une entité qu’il faut conscientiser, qu’il faut convaincre, qu’il faut amener dans notre Nous.  Jusqu’à présent ça se passe plutôt bien.  On fait des interventions médiatiques, on passe à Tout le monde en parle, on a accès finalement à plusieurs tribunes permettant de bien diffuser son message et créer une réflexion davantage de société que simplement grégaire.  Je pourrais ainsi dire qu’il s’agit ici d’une relation saine.  De plus, ici, l’encapsulation des disparités permet de créer un front commun plus percutant, ce qui aide a la représentativité démocratique.

Là où ça va vraiment mal, mis-à-part cette encapsulation des poubelles et autres préhistorismes logiques, c’est qu’il y a à l’intérieur du groupe «étudiant», justement, une disparité qui n’aide pas à créer l’union nécessaire pour faire des revendications claires.

Il y a d’abord ces gens qui sont en grève à la vie longue.  Avant une quelconque annonce du gouvernement, ils sont contres et ont déjà des pancartes vierges dans leur garde-robe.  À mon avis, c’est contre eux que la pauvre Arielle Grenier a si mal démontré qu’elle se positionnait.  Or, j’ai cette même réaction face à eux.  Bien, pas aussi vide de sens, mais tout-de-même allant vers la même direction.  Je ne les comprends pas parce qu’ils sont une thèse-antithèse: pro et anti société en même temps.  Mais, je leur accorde un gros salut de la main pour leur efficacité lors des mobilisations.  Ils sont déjà prêts, équipés, organisés: toute manifestation est optimisée par leur présence.  -1 + 1 = 0, bienvenu alors !

Puis, il y a les jeunes caves, ceux qui cassent, qui s’opposent probablement aux radios poubelles tout en agissant aussi irrationellement, et qui salissent, comme les poubelles le font pour la ville de Québec, la communauté à laquelle ils sont associés, justement ou injustement, les étudiants.  Nous les connaissons bien.  Ces sont ceux dont parlent TVA, les poubelles, et autres médias pris au «débrébu».

Et, ultimement, il y a celles et ceux qui tentent tant bien que mal de représenter leur cause, celle des étudiants, c’est-à-dire «ceux et celles qui étudient».  Nécessairement, dans cette complexité des polarités qui définissent généralement mal leur catégorie, il leur est ainsi plus compliqué d’arriver efficacement à se faire comprendre.  Le problème, un autre, est qu’ils sont tous aussi des gens intelligents, et donc positionnés.  Ils font comme les poubelles et ragent contre leurs propos, et ainsi, sortent de leur neutralité face au Eux et finissent par créer une double direction de leur relation.  C’est d’ailleurs ce qui arrive de l’autre côté aussi.  Ce sont les radios poubelles qui haïssent tout, mais aussi Lapresse.ca qui ont fait tout un travaille pour nettoyer les erreurs qu’ils prévoyaient chez leurs compétiteurs, en faisant un effort pour distinguer les étudiants grévistes des casseurs; ce sont les épais et épaisses qui utilisent «dire que je paye ça avec mes taxes» comme préfixe pour une majorité de leurs dires, mais aussi une majorité de parents qui s’inquiètent de ce qui se passe globalement dans notre société et qui réussissent à faire la part des choses à travers les discours démonisants.

Dans tout ça, ceux qui gagneront seront ceux qui encaisseront le mieux les coups de leur adversaires.  J’aime bien La Passion du Christ à titre d’image forte.  Ce qu’on se rappelle de cet événement c’est l’épreuve de Jésus, et surtout le classique «pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font».  On se rappelle des actions de «ceux-ci» par l’ignorance de leurs gestes et par la résilience de Jésus.  Donc ce sera qui ?  De ce point de vu, ça ne serra néanmoins pas les poubelles et pas les casseurs.  Ce seront ceux et celles qui auront gardé la tête froide et gardé le même discours du début jusqu’à la fin, qu’ils aient eu ou non ce qu’ils souhaitaient (après tout, Jésus est mort sur la croix quand même).  

Je sais que des références religieuses font peur, je m’en excuse, c’est probablement un effet Santorum qui devrait se dissiper d’ici peu de temps.

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Quoi au juste ?

En réaction au “budget Bachand” et par pure lâcheté matinale, je ré-offre ce billet à propos de mon conservatisme.

On est rendu loin, pas mal loin, et je me demande si on ne serait pas, même, trop loin.  Ça sonne conservateur, je sais.  Je ne dirai pas que ce ne l’est pas.  Par contre, il y a une nette différence entre mon conservatisme et celui de Harper ou celui de ces bizarres de Républicains.  Je crois peut-être même être quelque chose qui serait dans l’anti-progressisme.  Je ne m’appelle pas Éric Duhaime.

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  • il y a 1 an
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Fini le temps des partis

Ok, je fais un essais.

L’État c’est un territoire limité avec une population d’origines diverses et d’orientations diverses qui se comprennent néanmoins en tant que parties de cet État, et donc, comme un tout distinct d’un autre tout de même nature : un autre État.  Le Québec n’est pas l’Ontario, le Québécois et la Québécoise ne sont pas l’Ontarien et l’Ontarienne.

Bien sûr, il y a d’autres recoupements identitaires possibles.  Ainsi on a les Premières Nations, les Euro-Canadiens et, globalement, les immigrants.  Mais ça pourrait être aussi, comme ça peut l’être ailleurs, les Catholiques, les Protestants, les Musulmans, les Juifs, etc.  Tout ça forme la pluralité de qualités qui forme un tout construit : l’État.

Ainsi, cet État est partiellement un outil rassembleur.  Quoi que puisse être votre origine lignager, quoi que puisse être votre croyance religieuse, même votre cosmologie, si vous habitez le même territoire délimité légalement, vous êtes compris en tant que partie et identité de l’État.  Il y a une interdépendance.  L’État est son peuple et le peuple est l’État.

Le gouvernement face à l’État et face au peuple, agis à la fois en tant que représentant et gestionnaire.  Jean Charest, par exemple, va en Chine présenter le Plan Nord au nom des Québécois et Québécoises afin de décrocher des contrats d’exploitations qui amèneront des emplois à ces Québécois et Québécoises.  Jusque là, le gouvernement n’est pas un problème.

Le gouvernement est un problème lorsqu’il failli dans son devoir de représentation et de gestion.  Il failli exactement dans le moment où il n’est plus le peuple, mais un parti.

Un parti politique, quoi qu’il puisse être, est un parti constitué d’un idéal (qui se traduit aussi en «projet») qui le distingue des autres partis.  Si deux partis partagent les mêmes idéaux, ils ne pourront s’opposer.  Or, je le rappelle, la population est variée.  De même, dans notre système démocratique, une partie de la population qui suit l’idéal distinctif d’un parti, si ce parti ne gagne pas, se voit être retardée de près de quatre années dans son projet d’atteindre cet idéal.  Le cas des séparatistes actuellement est assez explicatif à ce sujet.

Or, ces distinctions de partis créant du même coup leur opposition amènent un débat qui n’est pas nécessaire, et même j’ajoute qu’il est nuisible au projet même du gouvernement.  L’explication rapide est de comprendre que l’idée qu’il existe une ligne de partie ne concorde pas à ce qu’il y est une «ligne d’État». 

Le gouvernement ne devrait jamais être un concours et ne devrait jamais être qu’un parti.  Le gouvernement devrait toujours être une coalition (pas un parti qui se nomme coalition).  Non pas une coalition de partis politiques, mais une coalition de représentants et de représentantes de sous-ensembles de l’État, les circonscriptions.  Ainsi, on ne voterait plus pour un parti, mais bien pour notre candidat ou candidate.  On voterait pour celui ou celle qui nous représenterait le mieux, qui nous ferait le plus de sens, etc.  

De cette façon, nous verrions apparaître une élite représentative, montée hiérarchiquement par les gens de sa circonscription selon les qualités qui leurs importent.  Ce qui diffère largement avec cette élite-déité qui arrive de nul part, qu’on ne connaît et qu’on s’en informe pas, puisque ce qui importe c’est le parti qu’elle représente, pas ce qu’elle peut faire.

Mon argument est de dire que l’État étant symbolique, notre représentant ou représentante devrait suivre ce même genre de relation identitaire.  Puisque sans parti, un candidat ou une candidate ne représente rien d’autre que ses idées.  Et c’est lorsque ces idées concordent avec celle de l’électorat qu’il y a une bonne combinaison.  Avec les partis, les candidats et candidates représentent ces partis, les idées des partis, et l’électorat n’a finalement rien à foutre d’eux.  Au final, ils ne sont que des porteurs de drapeau.  C’est aussi deux directions de relation différentes.  Dans un cas, un groupe envoi sa partie pour être représenté dans un circonscription, tandis que dans l’autre cas c’est cette circonscription qui envoi son ou sa porte-parole vers le parlement.

Maintenant, imaginez lorsqu’il y aurait un accord au parlement.  Ce ne serait pas qu’une fin de conflit entre partis, comme c’est le cas actuellement, mais plutôt, tout simplement, l’avancement de toute la société.  Puisque si la population est variée, et que ses représentants et représentantes expriment cette variété, nécessairement, les accords ne seront plus les seuls avantages du parti gagnant, mais plutôt de toute la société.  De cette façon, les partis représentent une véritable perte de temps et d’énergie, et donc, un ralentissement à la quête d’un bien commun.

Globalement, une coalition cherche à construire un tout, un parti politique cherche le pouvoir d’abord.  Une coalition représenterait davantage la pluralité de la population, un parti politique représente d’abord sa ligne, son idéal.  L’accord dans un état de coalition représente davantage l’idéal de la population, qu’un accord entre un parti élu et un parti opposant.

À mon avis c’est ça l’avenir pour une politique saine au Québec, une politique sans aucun parti.

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  • il y a 1 an
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Un Québec mieux que jamais

C’était à prévoir, la fusion de l’Action Démocratique du Québec avec la Coalition Avenir Québec ne pouvait se faire simplement, sans aucune éclaboussure.  Devra naître Équipe autonomiste, composée des Adéquistes qui voient dans leur parti une option particulière qu’il ne faut pas soustraire des choix politiques québécois.  C’est raisonnable.  Nécessairement, avec le changements des polarités (était-ce là la prédiction des Mayas ?) du discours politiques qui s’est amorcé ces dernières années avec l’arrivé du groupe minoritaire à intérêts précis (et redondants) Réseau Liberté Québec, puis par ce discours ni-fédéraliste ni-séparatiste de François Legault, les fondations stables qui ont permis les discours politiques passés se sont fissurées, déplacées offrant finalement plus d’espace de jeu.  

Plus, pas nécessairement.  Plusieurs analystes politiques pourront facilement démontrer les tendances droitistes et gauchistes des partis politiques qui ont constitués l’histoire du Québec.  Et il y a eu ce parti qui s’affichait ouvertement de gauche et séparatiste nommé Québec Solidaire, ainsi que cet autre, plus discret sur sa direction, mais qui s’est finalement ouvertement affiché de droite et aussi, au départ, séparatiste, nommée l’Action Démocratique.  Ainsi, cette quadruple polarisation du discours n’est pas nouvelle.  Ce qui est nouveau par contre c’est la fermeté du positionnement.

L’exemple le plus clair à ce sujet, c’est le Parti Québécois qui devait pendant longtemps représenter l’entièreté des séparatistes, malgré leurs oppositions quant la forme, la manière et les raisons de faire cette séparation du Canada.  Mais, ce que ce parti pouvait rassembler en un seul tout, constitue désormais l’Option Nationale, Québec Solidaire et pour ceux qui reste, toujours, le Parti Québécois.  En bref, pour la droite, pour la gauche, pour les fédéralistes et pour les séparatistes, apparaît de plus en plus de choix de partis.  Ce ne peut être que bénéfique pour les votants puisqu’ils n’ont plus à faire le choix qu’entre le sacro-saint Libéral ou le sacro-saint PQ.  Il existe, et existera peut-être davantage, de partis «fait sur mesure».

Tout ça n’a rien de nouveau, c’est même en général du déjà écrit, mais mis à ma forme.  Là où je veux personnellement interagir, c’est en réaction à un billet de Vincent Marissal.  Bien me comprendre ici, ce n’est pas une réaction contre son billet, ni lui-même, mais plutôt, une inspiration, oui, voilà, une inspiration.  C’est de toutes façons risqué et probablement arrogant, et aucunement pertinent de se confronter à un tel chroniqueur.  Voilà.  Mon apport est donc celui-ci : Voilà donc un Québec en grande forme politiquement, un Québec mieux que jamais !

Même, c’est une question d’offres et de demandes.  Certainement.  En n’ayant que deux seuls partis majoritaires qui s’échangent leurs sièges aux quatre ans, le marché politique ressemblait étrangement à ce qu’on appelle l’oligopole.  Dans cette situation, la demande étant plus forte que l’offre, les offrants pouvaient porter le chapeau qu’ils souhaitent, peu importe, ils auront quoi qu’ils fassent une large part du marché.  Ce sont les fourre-tout Libéral et Péquiste, qui ne se distinguent globalement que sur la question de la séparation (cependant).  Puis arrive l’ADQ, Québec Solidaire, puis la CAQ, puis l’Option Nationale, puis peut-être l’Équipe Autonomiste, en plus des autres plus extrémistes qui n’ont jamais eu suffisamment de votes pour que je me rappelles de leur nom.  Ce que ça nous dit dans un premier temps, et comme nous l’indique Marissal, c’est une division des votes, qui, avec un vieux parti stable comme celui des Libéraux, risque d’assurer à ces derniers leur longévité.  Mais dans un deuxième temps, en oubliant la stratégie nécessaire dans le mode électoral actuel, il y a là une jolie variété de discours.

Si nous en sommes arrivé à cette variété au niveau des lignes de partis (en tant que lignes d’idées), c’est déjà remarquable.  Gardons ça.  Donc, absolument oui à Équipe Autonomiste.  Pas que je voterais pour eux, probablement pas, mais il est a mon avis nécessaire et urgent d’amener une variété de discours à l’assemblée nationale.  En fait, je souhaiterais même davantage de partis représentant d’autres modes de penser (tiens, peut-être les Débrouillardistes).  Le Québec doit être réfléchit par lui-même et non pas par un groupe d’individus élus par chance ou stratégie.  Et là, le problème se concentre sur un seul point, la constitution de l’assemblée nationale.  Pourquoi eux là ?

Par exemple, il me semble que le Canada se portait mieux lorsque le gouvernement était minoritaire.  En quelque sorte, tous avaient un droit de faire tomber ou d’accepter une proposition.  Certains diront que c’est trop lent comme processus, et donc, inefficace.  Moi, je sais que les meilleures choses que j’ai faites l’ont été grâce principalement à la patience et l’acharnement.  Le long terme ne se fait pas sur une couille.

Il faut donc trouver une manière d’amener cette variété de discours à pouvoir interagir et créer un tout de propositions et d’eau-dans-son-vin.  Ça ne peut qu’amener davantage d’intérêts de la population envers la politique, et ça oblige des actions politiques moins spontanées et plus réalistes.

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Quoi au juste ?

On est rendu loin, pas mal loin, et je me demande si on ne serait pas, même, trop loin.  Ça sonne conservateur, je sais.  Je ne dirai pas que ce ne l’est pas.  Par contre, il y a une nette différence entre mon conservatisme et celui de Harper ou celui de ces bizarres de Républicains.  Je crois peut-être même être quelque chose qui serait dans l’anti-progressisme.  Je ne m’appelle pas Éric Duhaime.

En fait, c’est intéressant de le faire interagir dans mon histoire.  Pas lui, parce que je ne le connaît pas, mais son modèle : l’image que j’ai de lui, dont les indices me sont fournis par l’image qu’il nous donne de lui-même.  Il est mon Co-Auteur-Modèle pourrait dire Umberto Eco.  En fait, ce ne sera que pour ce petit moment, celui du pleurnichage.  Parce que dans le fond, moi et lui pleurnichons.  Et en plus, nous pleurnichons pour les mêmes raisons : «C’est notre génération qui va payer le coût de tout le luxe que les anciennes générations se sont payer ?!».  Est-ce vrai ?  Économiquement parlant, si mon Modèle me semble plus connaisseur que je puisse l’être en économie, ça l’air terriblement vrai.

Mais économiquement parlant, l’autre manière, c’est doublement vrai.  Mais là, je ne parle plus de l’économie «Marché-Libre = Meilleur accès aux entreprises = plus d’emplois».  Je parle du principe simple, en fait, le premier principe économique, et même, la raison pour laquelle l’économie existe : la rareté.

Presque tout est rare, à sa façon.  Le pétrole est rare, on le sait bien.  L’eau est rare, ça on le saura bien, tôt ou tard.  Le cuivre est rare, vous le saviez ?  Éric Duhaime est rare, pas suffisamment certains diront.  Chacun son télé-roman.  Là où je veux en venir, c’est que l’ouverture des marchés, le pas-très-libre marché libre, n’est pas le sauveur tant proclamé par ces gens qui s’associent à une direction, disons ‘tribord’ (s’ils étaient marins plutôt que…  Quoi au juste ?  Des animateurs, ils animent).  La raison est simple : le monde est con.  C’est mon opinion.

Je m’explique.  Le progressisme n’a pas la même valeur dans le secteur des idées que dans le secteur du commerce.  Dans le monde des idées, la variété ne fait pas de mal, c’est même l’opposé.  Il y a ce livre que j’ai vu sur le site du Ku Klux Klan que j’aimerais tant lire, comme ça, parce que c’est étrange.  Alfred Schnittke avait bien compris qu’il y a des qualités dans tout, lui qui a produit des oeuvres géniales en créant un véritable dialogue entre le romantisme, le classique, le contemporain et probablement d’autres genres qui m’échappent.  Mais au niveau du commerce.  SC Johnsons s’est fait le spécialiste des bébelles jetables.  Une autre compagnie offre un spray afin de tuer la moindre bactérie qui traînerait sur le comptoir (et le chat aussi).  Une autre offre une toute nouvelle version de ce qu’ils ont déjà sorti cette année, l’autre année d’avant, l’autre d’avant et l’autre encore.  Pire, Nike a décidé de développer une ligne d’espadrilles pour ce nouveau marché des joggeurs nu pieds, sans farce.  Mon conservatisme est là.  Le monde est con, de grâce n’avançons plus, arrêtons de bouger !

Mon hypothèse est que nous sommes arrivé, ou nous avons même dépassé, un point de sur-développement.  Pour donner une image plus claire de mon propos, imaginez un designer récent qui développe une ligne de vêtements pour nudistes.  Il y a quelque chose qui cloche.  Il y a quelque chose qui cloche encore plus s’il fait des ventes parmi ces derniers.  Actuellement, nous sommes dans cette deuxième situation.  On est cons.  Mais maintenant, on commence à le comprendre.

Pour revenir à Duhaime, avec plus d’optimisme, je ne crois pas qu’on ait à payer pour le luxe de nos boomers pour la simple raison qu’on connaît de plus en plus leurs erreurs, et que, de plus en plus, nous découvrons l’inutilité de celui-ci.  Devo dirait De-volution ou Post-post-modern man. 

Mais nous sommes plus cons que nos parents qui auraient fait les dernières gaffes humaines, économiques, écologiques.  On regarde leur désastre, et on cri au changement, sur Radio X si possible.  C’est con, parce que ça ne change rien, pire, ça reproduit.  Accrochés aux politiciens, tous les problèmes viennent d’en haut, d’à gauche aussi, et par fois d’en bas, chez les pauvres.  Au centre, de gens qui chialent en coeur, en groupe, en réseau-liberté.  Mais, on ne change rien.  Pire, on attaque le changement.

Pour donner un exemple, comme Duhaime, j’ai trouvé l’Occupons Québec moche.  Il y avait ces maudits manifestants à-l’année-longue-manifestants, qui ne semblent que dire dépressivement que le système va mal, pas comme The Crass le fait, mais comme un band de garage en 2011 qui «trip» sur The Crass.  Mais il y avait aussi là des gens qui travaillent bénévolement à rendre la ville plus verte, à contrer à moindres coûts les îlots de chaleurs, à diversifier les savoirs, à diminuer le trafique.  Ce n’est pas Occupons Québec, mais des gens qui y étaient.  Le plus merveilleux, c’est qu’ils expérimentent et créent à petite échelle des changements qui ne demandent pas l’aide des gouvernements, font la promotion de l’autonomie, l’ultime liberté, mais ne se revendiquent pas d’une étiquette quelconque.  Mon progressisme est là…  Que suis-je ?

Je suis débrouillard.  Quand on est débrouillard, on chiale pas, on arrange les choses !

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L’américanisme

C’est en faisant une lecture très diagonale de l’édition du 30 novembre 2011, du moins coloré des journaux universitaires de l’Université Laval, L’exemplaire, que je suis tombé sur ce petit problème d’identification qui me semble s’amplifier un peu trop.  On lit “L’Amérique a la cote”.  Un titre qui a probablement paru dans un quotidien quelconque en France durant XVe siècle.  Si vous ne comprenez pas, vous devriez me comprendre plus tard.  On y lit au-dessus de ce titre, en plus petit «Sondage sur la consommation culturelle».  On aurait dit une expression de Pierre Curzi; vous devriez déjà avoir une idée.

L’Amérique et les Américains.
Jeune, il s’est passé un drôle de moment lorsque j’ai compris qu’il existait deux types «d’Américains».  Le premier représente tous les habitants de l’Amérique, le continent, celui qui relie presque les deux continents polaires.  Le deuxième, représente les habitants des États-Unis d’Amérique.  Pourquoi ces deux définissions ?  L’une découle normalement de l’identification du continent, l’autre, je ne sais pas.  Quoi qu’il est soit, j’ai bien compris la distinction, mais jamais l’utilité de celle-ci.

Je ne suis pas seul.  C’est le cas de toute personne qui se réfère aux habitants du pays ou du continent; on a normalisé une ambiguïté.  J’ouvre un roman et juste avant la page titre, au-dessus de l’éditeur est inscrit «traduit de l’américain par…».  L’américain est aussi une langue semble-t-il.  Est-ce que les Américains parlent l’américain, alors ?  Lesquels, bien sûr.  Ça reste ambigu.

Mais on aime pas l’ambiguïté.  Êtes-vous de gauche, de droite, homo ou hétéro, séparatiste ou fédéraliste, Ding ou Dong?  On veut clairement pouvoir définir clairement qui est qui.  Et voilà qu’apparaît «États-uniens», simple, clair, efficace.  Bravo à Le Soleil et Le Journal de Québec, quelques fois.

Pour revenir à l’article de l’Exemplaire, cette ambiguïté entre l’Américain et l’Américain s’est traduit en l’ambiguïté entre Amérique et Amérique.  Le continent et…  et quoi au juste ?  L’article faisant référence aux produits artistiques étasuniens ayant la cote chez les personnes sondées, j’en conclu que l’Amérique-deuxième serait les États-Unis.

Et Pierre Curzi.
Il est celui qui cristallise une drôle de patente.  Une chimère.  D’un côté, elle a une tête informe, qui est dit être la culture québécoise.  Elle est informe, puisque Culture, comme Amérique, porte aussi plusieurs définitions.  C’est pour les anthropologues un résultat en constante re-définition, c’est pour le politicien un état fixe qui nous définit (C’est pour 
Nathalie Petrowski quelque chose d’exclusif… on passe).  Pour faire une histoire courte, le premier inventa le terme et l’utilise en tant qu’outil, l’autre s’en est fait une idée et l’utilise comme moyen de pression.  Mais Curzi et les médias de masse ont aussi développé une autre tête à cette chimère.  La culture qui est l’art qui est notre identité.  Et l’art, une autre boîte molle, n’est plus l’oeuvre, n’est que la marchandise.  Ainsi, je peux prendre un journal étudiant et y lire «Sondage sur la consommation culturelle» et devrais comprendre «Sondage sur la consommation de produits artistiques populaires».  Des détails peut-être.

Mais en réduisant la «consommation culturelle» à l’idée de l’écoute de chansons, on passe par le trajet curziesque auto-embourbeur : La culture c’est notre identité, l’art c’est la culture, l’art c’est la musique, la peinture, le cinéma, etc., et ces derniers sont des biens de consommations; consommez nous !

L’anthropologue dirait : La consommation est variable culturellement, et elle est consommable dans l’idée où elle produit et échange et… consomme.  Que consomme-t-on.  Tout.  Des idées, le produit de méthodes agraires, les possibilités de l’organisation économique, les espaces libres du cadre légal, des femmes, des hommes, etc.  Peut-on alors sonder la consommation culturelle ?  Demandez aux anthropologues, ils n’attendent que ça !

Américaniser l’Américain
S’il y a «américanisation culturelle», qu’il faut entendre en tant que «influence et consommation de plus en plus marquées des produits artistiques des États-Unis», et ainsi, il faut aussi se demander ce qui est «américanisé».  Par exemple, au niveau musical, existe-t-il un état musical contemporain purement québécois qui serait entaché par un état musical contemporain purement étatsunien ?  Clairement, non.  La musique ce sont des idées qui se sont tellement partagées qu’il est impossible aujourd’hui de dire clairement ce qui est musicalement québécois et ce qui serait étatsunien.  Des ethno-musico-historiens pourront savamment vous démontrer les influences des musiques de danse de la Renaissance dans le folklore québécois, mais ne pourront pas donner une image simple d’une musique qui pourrait purement être québécoise aujourd’hui.  Notre passé n’est pas notre actualité.

Américanisme
En fait, peut-être que la seule américanisation qui pourrait réellement exister serait celle produite par ces journalistes pour qui l’ambiguïté n’est pas un problème.  Ils peuvent faire d’habitants d’un pays des Américains et faire de ce même pays, l’Amérique.

… À l’extrême sud du Vénézuela : 
Le militaire : t’es un gringo  (Étatsunien)?
Moi : non, je suis québécois, canadien et américain !
Le militaire : Ah oui !  Les gringo pensent que c’est eux les seuls Américains.  Mais moi je suis Américain, et probablement plus que eux peuvent l’être.  Ils sont des Estado-unidenses et moi je suis Américain !

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Pourquoi Père-Marquette n’est pas une bonne idée

La ville de Québec propose aux cyclistes deux options :  Un développement plus complexe, limitant de beaucoup le trafique automobile, sinon, un développement à l’intérieur d’un quartier résidentiel, où existe déjà un certain “partage” de la route entre les automobilistes et les cyclistes.

Le premier est plus complexe puisqu’il s’agit du très achalandé boulevard René Levesque.  Le chemin de quatre voies, propose non seulement toutes ces voies aux automobiles, mais deux d’entre-elles, déjà dédiées aux transports (que nous appelons malheureusement de) alternatifs, servent aussi aux stationnements pour… d’autres automobilistes.  Autrement dit, le boulevard René Levesque est actuellement l’exemple de toute la ville de Québec : un paradis pour les passionnés de l’auto.  Rien à voir avec les philatélistes, ni même les “gamers”.  Les passionnés de l’auto sont distincts.  Ils adorent le concept de l’automobile comme il est actuellement : une sorte de salon, fauteuil leasy-boy, chaîne stéréo, chaleur, ventilateur, etc.  C’est dire que les redondantes publicités de Ford, Chrysler et autres, leur parlent encore !

Le deuxième, plus simple, c’est de mieux développer la rue Pierre-Marquette.  C’est une idée.  Il y a déjà des “tags légaux” qui signifient que le passage est partagé entre automobilistes et vélo-cyclistes.  Donc, peu compliqué à développer davantage, ça va coûter que quelques dollars.  Le “hic”, c’est que c’est un quartier résidentiel.  Plein plein plein de “stops”.  Ce qui est déjà accablant pour un automobiliste qui ne fait qu’appuyer sur une pédale, l’est nécessairement plus pour quelqu’un qui y met le gros de son énergie.  Dans la comparaison lâcheté/effort entre les automobilistes et les cyclistes, il me semble normal de laisser les parcours plus compliqués à celles et ceux “qui l’on facile”.

ET LE CYCLISTE ENTRE DANS LE DÉCOR, C’EST LE BORDEL !
En fait, ce qui arrive c’est qu’il faut que le groupe Labeaume puisse donner des fleurs aussi à ce “nouveau” phénomène, plus vieux que l’automobilisme.  Il faut en donner un peu à tout le monde, c’est normal.  Et c’est exactement ça le projet qu’il nous propose, un tout petit peu pour les cyclistes.  Suffisamment pour que certaines soient comblées, que d’autres soient choquées, ça cris, ça rie, et ça laisse de côté une majorité silencieuse, les “suiveux”.  Eux ne parlent pas, comme leur nom souligne, ils suivent.  Ça chiale contre le gouvernement quand les Lumières de Radio X chialent contre le gouvernement, ça en parle quand Bouchard en parle !   Bref, on donne suffisamment pour faire mousser, mais on se refuse l’opportunité de faire un vrai changement.

Le vrai changement, c’est l’attaque.  C’est risquer son poste.  Et, chez l’équipe Labeaume, on s’occupe plutôt à donner des bonbons, un amphithéâtre, par exemple.  Moi, je souhaite la bonne vieille punition : “envouèye dans l’coin” !  Faites l’exercice de comparer la ville de Québec où un maximum d’individus serait en vélo avec ce qu’elle est présentement, là où un maximum d’individus est en voiture, seul.  Pour vous aider, je vous donne quatre grands thèmes de notre période : La Santé, L’a Pollution, L’Argent et La Sécurité.  C’est pas compliqué, les réponses sont faciles à trouver, et du même coup, nous avons un remède, peu coûteux personnellement et socialement : le vélo !

Ce que je veux dire là-dedans, c’est qu’il faut arrêter de considérer les vélocyclistes comme un groupe d’individus qui veulent des nananes.  Il faut considérer que de limiter l’accès aux automobilistes va engendrer des efforts pour trouver des remplacements (co-voiturage, autobus, course…), de la part des citoyens, et que si, du même coup, on valorise probablement l’outil qui est le remède dans toute cette histoire là, le vélo, alors, il y aura un réel changement.  Nécessairement, il y aura moins de production de gaz à effet de serre, nécessairement, il y aura presque plus de trafique, nécessairement, la population au complet ferra des grosses économies, nécessairement, tous gagneront au niveau de leur santé.  Oui, nous pourrions visualiser ça dans le future, comme le gang Labeaume fait (2030 !!!!), ou, nous pourrions simplement s’y mettre aujourd’hui, et, en 2030, voir les résultats.

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  • il y a 2 ans
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