Stéphane Gendron et Caroline Proulx durant leur émission Face à Face à Vtélé. On en est là. C’est une petite émission, mais, lorsqu’elle est ajouté aux radios-poubelles, à l’émission de Mario Dumont et à leurs auditeurs et auditrices, ça nous offre un horrible reflet de nous. Sommes-nous autant con ? Pardonnez-moi la réduction, mais il m’arrive d’avoir le cerveau qui fige lorsque j’imagine des gens applaudir des propos tels ceux des Gendron, Proulx, Dumont, Bouchard, etc., exactement comme toute personne saine d’esprit a une indigestion en réalisant qu’il existe un gigantesque fanclub de Sarah Palin. Qu’est ce qui ne fonctionne pas ? Quelle partie de l’éducation a faillie massivement ? Sommes-nous globalement une société de ce niveau de réflexion ? Allons-nous laisser notre société s’abrutir (et ici, être abrutie et amener d’autres à l’être) ?
Looking at America from here, makes me feel as though we have the worst of all worlds right now.
Thomas L. Friedman, dans son billet “Elephants down under” pour le New York Time.
Bien sûr, la citation ci-haut est hors contexte, et ainsi, empêche d’offrir toute la crédibilité que Friedman mérite (et a déjà, de toute façon). Mais, ce qui est intéressant, c’est qu’il y a d’abord un effort des Républicains pour démoniser l’extérieur des États-Unis afin, peut-être, d’en faire une sorte d’île, une sorte d’Utopia, dont Thomas More en regretterait fortement l’analogie. Il y a Romney, qui a récemment ramené une odeur de guerre froide dans l’un de ses discours périlleux. Il y a Santorum qui indiquait vulgairement qu’aux Pays-Bas, l’euthanasie volontaire est devenue un danger pour la sécurité individuelle. Et, en parallèle de tout ça, il y a les autres pays qui sont intimement liés aux États-Unis et qui devraient ainsi porter certaines similitudes idéologiques. Bien sûr, le Canada fait partie de ces pays, et nécessairement, ici aussi nous avons aussi une certaine distance qui permet d’analyser plus globalement les propos des Républicains et d’en faire… de véritables blagues (ou une triste analogie, comme l’a fait Vincent Marissal à une des émissions Bazzo.tv, remarquant les inspirations réciproques entre nos et leurs conservateurs). Ce que Friedman semble vouloir démontrer, c’est cette même image d’île, mais justement pas l’Utopia… peut-être Dystopia ? Les grandes lignes de la politique québécoise, comme celles qui sont rapidement présentées pour les cas de la Nouvelle-Zélande et l’Australie, se rejoignent sur le progressisme général, ambiant, qui empêche un conservatisme aussi profond que peut l’être celui de Rick Santorum et ses supporteurs. À l’image de l’informateur de Friedman, ici aussi, autant le Parti Québécois, le partie Libéral du Québec, la Coalition Avenir Québec, le Québec Solidaire, pourraient tous être des variantes de ce que sont les Democrats aux États-Unis. Aucun n’oseraient supporter les atrocités républicaines au sujet de l’homosexualité, de l’avortement, de la religion, etc. De même, bien qu’il faille explorer le reste des eaux pour parfaitement conclure, on peut voir néanmoins que les Républicains aident à symboliquement fermer leur pays vers lui-même, grâce particulièrement à la valorisation de valeurs que nous avons (ici au Québec, là-bas en Australie et en Nouvelle-Zélande) rejetées “sociétalement” depuis plusieurs années.
On comprend que, pour un États-unien qui rencontre ces “autres eaux”, il est fort probable qu’il échappe un : “Looking at America from here, makes me feel as though we have the worst of all worlds right now”.
Entre deux chaises.
Être entre deux chaises, ça ne fait pas avancer grand chose. Or c’est exactement là ma triste position. Je porte mon carré rouge parce que je n’ai pas eu un accès facile à l’Université, et donc, je me positionne vivement contre tout ce qui limitait, limite et limitera l’accès à un savoir plus large. Mais, en même temps, je sais que s’il n’y avait pas eu des très politiques gels des frais de scolarités, il n’y aurait probablement pas eu de problème à toute nouvelle augmentation de ces frais.
Par contre ce dont je parle n’est pas au sujet de ma position face à l’augmentation, C’est plutôt au sujet de ma place dans l’un des gangs qui finissent par se définirent et s’opposer de plus en plus. En fait, j’ai été trop simpliste. Le système d’oppositions des groupes n’en est pas un qui s’installe sur une simple ligne comme je l’ai fait, mais plutôt un système bidimensionnel, comprenant donc une gradation verticale et une horizontale. Il y a d’abord le premier eux/nous, utile et inutile, peut-être même dangereux. C’est celui qui est vulgairement utilisé par les imbéciles radios poubelles (je me suis tanné de me gêner), incapables de faire une analyse en profondeur, ne cherchant qu’une qualité stigmatisante pour salir l’entièreté de ceux à qui elles appliquent cette qualité. Ce sont les étudiants. Pas «ceux qui étudient», mais plutôt «ceux qui ne travaillent pas». Ce sont donc deux choses équivoques, mais pas d’une équivocité normale, mais d’une équivocité forcée. Logiquement, si étudiant ne travail pas parce qu’il étudie. Le «non-travail» est un effet de la cause «étudier». Les poubelles et leurs plus simplistes auditeurs manquent alors de rigueurs. Mais le problème n’est pas là. Le problème réside dans l’encapsulation des disparités. J’en parlerai plus loin.
L’autre problème de ce nous/eux, est l’inversion des rôles, le Nous étudiants et le Eux «reste de la population». Ici, cependant, c’est plutôt bien géré. On a pas compris ce Eux comme un problème, mais comme une entité qu’il faut conscientiser, qu’il faut convaincre, qu’il faut amener dans notre Nous. Jusqu’à présent ça se passe plutôt bien. On fait des interventions médiatiques, on passe à Tout le monde en parle, on a accès finalement à plusieurs tribunes permettant de bien diffuser son message et créer une réflexion davantage de société que simplement grégaire. Je pourrais ainsi dire qu’il s’agit ici d’une relation saine. De plus, ici, l’encapsulation des disparités permet de créer un front commun plus percutant, ce qui aide a la représentativité démocratique.
Là où ça va vraiment mal, mis-à-part cette encapsulation des poubelles et autres préhistorismes logiques, c’est qu’il y a à l’intérieur du groupe «étudiant», justement, une disparité qui n’aide pas à créer l’union nécessaire pour faire des revendications claires.
Il y a d’abord ces gens qui sont en grève à la vie longue. Avant une quelconque annonce du gouvernement, ils sont contres et ont déjà des pancartes vierges dans leur garde-robe. À mon avis, c’est contre eux que la pauvre Arielle Grenier a si mal démontré qu’elle se positionnait. Or, j’ai cette même réaction face à eux. Bien, pas aussi vide de sens, mais tout-de-même allant vers la même direction. Je ne les comprends pas parce qu’ils sont une thèse-antithèse: pro et anti société en même temps. Mais, je leur accorde un gros salut de la main pour leur efficacité lors des mobilisations. Ils sont déjà prêts, équipés, organisés: toute manifestation est optimisée par leur présence. -1 + 1 = 0, bienvenu alors !
Puis, il y a les jeunes caves, ceux qui cassent, qui s’opposent probablement aux radios poubelles tout en agissant aussi irrationellement, et qui salissent, comme les poubelles le font pour la ville de Québec, la communauté à laquelle ils sont associés, justement ou injustement, les étudiants. Nous les connaissons bien. Ces sont ceux dont parlent TVA, les poubelles, et autres médias pris au «débrébu».
Et, ultimement, il y a celles et ceux qui tentent tant bien que mal de représenter leur cause, celle des étudiants, c’est-à-dire «ceux et celles qui étudient». Nécessairement, dans cette complexité des polarités qui définissent généralement mal leur catégorie, il leur est ainsi plus compliqué d’arriver efficacement à se faire comprendre. Le problème, un autre, est qu’ils sont tous aussi des gens intelligents, et donc positionnés. Ils font comme les poubelles et ragent contre leurs propos, et ainsi, sortent de leur neutralité face au Eux et finissent par créer une double direction de leur relation. C’est d’ailleurs ce qui arrive de l’autre côté aussi. Ce sont les radios poubelles qui haïssent tout, mais aussi Lapresse.ca qui ont fait tout un travaille pour nettoyer les erreurs qu’ils prévoyaient chez leurs compétiteurs, en faisant un effort pour distinguer les étudiants grévistes des casseurs; ce sont les épais et épaisses qui utilisent «dire que je paye ça avec mes taxes» comme préfixe pour une majorité de leurs dires, mais aussi une majorité de parents qui s’inquiètent de ce qui se passe globalement dans notre société et qui réussissent à faire la part des choses à travers les discours démonisants.
Dans tout ça, ceux qui gagneront seront ceux qui encaisseront le mieux les coups de leur adversaires. J’aime bien La Passion du Christ à titre d’image forte. Ce qu’on se rappelle de cet événement c’est l’épreuve de Jésus, et surtout le classique «pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font». On se rappelle des actions de «ceux-ci» par l’ignorance de leurs gestes et par la résilience de Jésus. Donc ce sera qui ? De ce point de vu, ça ne serra néanmoins pas les poubelles et pas les casseurs. Ce seront ceux et celles qui auront gardé la tête froide et gardé le même discours du début jusqu’à la fin, qu’ils aient eu ou non ce qu’ils souhaitaient (après tout, Jésus est mort sur la croix quand même).
Je sais que des références religieuses font peur, je m’en excuse, c’est probablement un effet Santorum qui devrait se dissiper d’ici peu de temps.
Quoi au juste ?
En réaction au “budget Bachand” et par pure lâcheté matinale, je ré-offre ce billet à propos de mon conservatisme.
On est rendu loin, pas mal loin, et je me demande si on ne serait pas, même, trop loin. Ça sonne conservateur, je sais. Je ne dirai pas que ce ne l’est pas. Par contre, il y a une nette différence entre mon conservatisme et celui de Harper ou celui de ces bizarres de Républicains. Je crois peut-être même être quelque chose qui serait dans l’anti-progressisme. Je ne m’appelle pas Éric Duhaime.
Projection du film HOME le mercredi 4 avril prochain
Nous avons le plaisir de vous annoncer la projection du film HOME de Yann-Arthus Bertrand que nous organisons le mercredi 4 avril prochain à l’Université Laval. Elle aura lieu au pavillon Charles-de-Koninck, à l’amphithéâtre 1A plus précisément, de 19h à 21h.Nous vous attendons en grand nombre afin d’assister à cette magnifique projection !
Aucune chance ici d’être parfaitement représentatif de l’électorat. Ce site en version beta permettrait de déceler les commentaires positifs et négatifs sur l’internet, au sujet de n’importe quoi. Certainement que les propos pas du tout nuancés de Limbaugh ou de Duhaime, Bouchard et autres poubelles, sont faciles à mettre dans des boites. Mais pour ce qui est des plus nuancés, tels ceux de Marissal, Frum, Friedman, ça m’étonnerait qu’il puisse déjà exister un code permettant de surpasser l’analyse humaine en quelques secondes. Quoi qu’il en soit, en admettant qu’on tourne ici les coins ronds, on a un Jean Charest entre deux chaises : tout est encore possible; une Pauline Marois complètement dans le rouge; un Legault et Khadir qui se partageraient le trône; un Aussant sans résultat.
Derrière les slogans
Avec la hausse des frais de scolarité, plusieurs partis apparaissent, rien de très officiel cependant. D’une part, les Pour et les Contre la hausse des frais de scolarité, d’autre part, les Pour et les Contre une manifestation étudiante. S’il est facile de trouver les discours contre la hausse des frais de scolarité et pour une manifestation étudiante, c’est moins simple de trouver les autres. C’est probablement pourquoi Le Devoir et Tout Le Monde En Parle en ont fait tout un plat lorsqu’ils ont trouvé un petit regroupement marginal qui se positionnait… contre une manifestation, du moins. Et c’est un peu ce que Joseph Facal fait ici. L’ensemble est convainquant, mais cherche à nous convaincre de quoi au juste ? Un peu comme Arielle Grenier, il cherche d’abord à démontrer qu’il n’y a pas lieu de chialer. Nécessairement, il manque l’argumentation favorisant une hausse des frais de scolarité. Alors, pourquoi est-ce nécessaire ?
Ce vers quoi s’alignent Facal et le Mouvement des étudiants socialement responsable du Québec, c’est en direction de l’idée que les étudiants et étudiantes qui se mobilisent contre la hausse des frais de scolarité sont, d’une façon simple, socialement irresponsables. Ils prennent l’argent des autres afin de se payer une pré-retraite sur les bancs universitaires, si on veut utiliser un langage de radio poubelle. Est-ce le cas ? Probablement que ce genre de cas existe, mais il existe aussi une réalité moins rose, comme celle où, et c’est le cas pour plusieurs familles de la basse moyenne, on considère l’ensemble des salaires des parents suffisant afin de subvenir aux besoins de leur enfant voulant aller à l’université, et ainsi, on leur refuse l’accès à l’aide financière. Dans cette situation, si les parents n’ont pas les moyens de fournir cette argent, l’enfant devra user de stratégie de pauvre (donc s’amputer davantage dans sa quête d’une meilleure qualité de vie) : attendre deux années sur le marché du travail pour aller chercher ce que l’aide financière aux études appelle “autonomie”. C’est dire : prendre du retard dans son cheminement académique, c’est dire aussi que “ça aurait donc bien été l’fun si tes parents avaient été plus riches”, c’est dire aussi que si tu ne veux pas attendre, il t’en coûtera ailleurs, puisqu’il te faudra travailler beaucoup d’heures par semaine pour d’abord subvenir à tes besoins, puis, payer tes études.
J’aime bien Joseph Facal, c’est une de nos bonnes têtes. Mais, et je pense aussi à Jean-François Lisée dans ce commentaire-ci, il manque le terrain. Il y a beaucoup de “selon l’institut de…”, “selon X…”, etc. faisant en sorte que l’argumentation, quoi que logique, reste de surface, puisque tertiaire, et ne semble pas considérer le pouls des premiers impliqués.
On reste donc en attente d’une argumentation en faveur de l’augmentation des frais de scolarité, ce qui ne devrait pas arriver d’ailleurs que de la bouche de Beauchamp. Assoyez-vous Mme Beauchamp et expliquez-nous.
Qu’on soit pour ou contre la grève des étudiants, au niveau de l’argumentaire, mon pointage :
Arielle Grenier - 0
Gabriel Nadeau-Dubois - Le reste des points.
Mise à part un positionnement qui semble finalement très personnel, la jeune Arielle Grenier n’a rien offert aux auditeurs afin qu’ils puissent forger leurs propres idées sur le sujet. Gabriel Nadeau-Dubois a, quant à lui, bien formulé son propos, étalé un argumentaire au niveau du politique et du social (comparativement au personnel), offrant ainsi une bonne base de réflexion. Je ne crois pas que le Mouvement des étudiants socialement responsable du Québec (MERSQ) ait gagné une quelconque crédibilité. J’ajouterais qu’il fut difficile, durant les réactions et argumentations de madame Grenier, de ne pas lâcher un “non, mais, t’as fermes-tu ta gueule”. Pour ou contre la grève alors ? Contre le MERSQ en tous cas.
P.S.: Merci à Emmanuel Bilodeau d’avoir exprimer exactement ce qu’on se disait.
Monsieur Charest, vous pourriez faire quelque chose.
À mon avis, l’augmentation des frais de scolarité devrait créer davantage d’auditeurs et d’auditrices pour les Bouchard en Parle, Dumont et autres poubelles. Je ne parle pas de la droite, détrompez-vous. Le jeux droite/gauche n’est existant que dans le besoin de stigmatiser les autres sources d’information. Je parle de ces émissions qui, malgré leurs problèmes de logique et leur tentative flagrante de désinformation, ont un large public, proposant qu’il y ait un problème d’éducation au Québec, et plus particulièrement à Québec.
D’abord, tout émission d’opinion peut et doit avoir lieu. Le problème n’est donc pas dans l’existence des radios et télés poubelles. Le problème est dans ceux et celles qui sont prêts et prêtes à croire qu’il existe réellement des gens qui s’identifient en tant qu’environnementalistes, et qu’ils ont un pouvoir démoniaque sur les instances politiques; qu’il est possible de contre-argumenter rationnellement une donné scientifique avec, non pas une autre donné scientifique, mais plutôt avec l’idée que les scientifiques, eux aussi, ont un pouvoir, un pouvoir démoniaque sur la réalité : ils la déforme et la mette à leur goût; que les autres médias sont de la gau-gauche, ce qui se traduit par “du côté du mal”, tout comme les “intelllllos”, comme le dit Sylvain Bouchard, et les étudiants. On sait qu’il y en a de ces gens, et beaucoup même. Ma crainte est que s’il y a une augmentation d’auditeurs et d’auditrices pour ce genre de propos, j’ai l’impression que ça va nous ramener vers quelque chose de similaire à la période romane : L’Église qui contrôle sa masse d’individus illettrés par des discours d’épouvante, de satanisme, de sorcellerie - de démagogie.
Je sais exactement ce que mon propos donne en tant que qualité pour ces auditeurs et auditrices, et je sais aussi qu’il n’y a aucun média ni politicien qui pourrait prendre le risque de le dire. Mais il faut bien que quelqu’un le fasse. Le discours de poubelles n’est pas un discours Population versus Intellectuels. Les intellectuels sont des gens de la population qui travaillent dans un domaine spécifique afin de développer le savoir général et améliorer ultimement sa société. La population n’est pas contre eux et eux ne sont pas contre la population. Les poubelles ont créé cette fausse opposition afin de pouvoir donner un peu de légitimité à leurs propos, qui, souvent, est simplement illogique. L’exemple facile est ce moment d’illumination, où Mario Dumont offrait ceci en guise de contre-argumentation face à des donnés scientifiques: “Mais les scientifiques, il y en a qui disent quelque chose, il y en a qui disent le contraire, même sur les gaz à effet de serre là, il y en a qui disent qu’il y a des études cachées qui disent le contraire…” Malaise !
Mon hypothèse est que, non seulement il ne faut pas augmenter les frais de scolarité, mais il faudrait même rendre l’éducation encore plus accessible, voire gratuite. Ce n’est pas un argument financier. Seulement, en voyant ma ville remonter tranquillement d’un abrutissement par nos poubelles, en voyant des chroniqueurs, des commentateurs, un ancien chef de parti, dire des atrocités intellectuelles et qu’il n’y a pas vraiment de contre-réaction, j’ai franchement peur. En fait mon hypothèse réside surtout dans l’idée que moins les gens ont d’outils pour avoir un esprit critique, moins il ne peuvent comprendre l’illogisme des propos des poubelles, et ainsi se perdre dans leur univers a-rationnel. Étant une source importante d’imbécillités, les radios-poubelles et les télés-poubelles, grâce à leur cotes d’écoute, deviennent ainsi un jauge grossier du niveau de liberté critique de notre société : il est bas. Il faut travailler là-dessus.
L’incroyable équipe de Dumont dans sa splendeur
Je suis tombé à nouveau sur ce vidéo, ce qui m’indique qu’on y trouve quelque chose de remarquable. Pour ma part, j’y vois là tous les éléments qui prouvent que Mario Dumont n’aurait pas été un très bon politicien, n’est pas un bon animateur, et même qu’on devrait simplement le retirer des ondes. Pas qu’il ne rapporte pas suffisamment pour la station, mais simplement pour le bien être intellectuel de ceux qui ne ferment leur radio X que pour ouvrir leur vtélé à Dumont.
En cinq points, l’abrutissement intellectuel :
1- Vous recevez un porte-parole du mouvement des Lundis Sans Viande en demandant d’abord à un propriétaire d’un steakhouse s’il va participer à ce projet (hein ?), puis, sa réponse, obligatoirement négative, est ensuite niaiseusement généralisée au monde pluriel de la restauration. C’est peut-être pas la faute à Dumont, retenons-nous.
2- “La dernière fois qu’une proposition comme celle-là a été faite à des peuples, c’était la religion catholique qui disait : On mange du poisson et non de la viande les vendredis. Donc l’écologie vous vous positionnez comme la nouvelle religion” - Mario Dumont
Pure principe de logique…
3- “Mais les scientifiques, il y en a qui disent quelque chose, il y en a qui disent le contraire, même sur les gaz à effet de serre là, il y en a qui disent qu’il y a des études cachées qui disent le contraire” - Mario Dumont
Touché-coulé !
4- “On fait tout ce qui est mauvais pour notre santé, pis on vit de plus en plus vieux.”
Donc quoi Mario ?
5- Et à partir de 4:40, Dumont essaye avec beaucoup de maladresse de faire cracher un morceau que son pauvre invité lui explique ne pas avoir gobé. On sent que Mario aurait aimé que la torture ait été légale pour cette interview.
Bref, il est un mauvais politicien, un mauvais débateur, un mauvais animateur, un mauvais philosophe, mais un excellent démagogue. De plus, la seule personne qui dit clairement que la coalition des Lundis Sans Viande est une organisation écologiste c’est Mario Dumont. Carl Saucier-Bouffard, l’invité, mérite toutes les éloges possibles pour être resté calme, droit et objectif tout le long de la crise pathétique de Mario Dumont.
Pour le salissage orchestré, l’organisation mérite un peu plus de visibilité : http://www.lundisansviande.net
À Mario Dumont, je dédie cette belle et intélligente finale de David Attenborough :



